Ils sont venus nous chercher en matinée, à l’hôtel Ispinigoli. Il a fallu quatre jeeps pour que tous les membres du groupe prennent place.

Les véhicules avaient visiblement beaucoup de vécu. Du vécu à la dure, comme en témoignaient des banquettes brinquebalantes ou des ceintures de sécurité qui ne tenaient qu’à un fil. Ça sentait déjà l’aventure. Fantastico !

Le convoi s’est mis en route, nous avons traversé un village puis la montée a commencé. Sur une petite route carrossable d’abord, fréquentée par les chasseurs de sanglier. Puis, il y a eu de moins en moins d’habitation, de moins en moins de présence, autre que la nôtre, le précipice s’est vertigineusement approfondi et rapproché, la route a graduellement rétréci jusqu’à n’être plus qu’un petit sentier de pierre exactement de la même largeur que la jeep. Combien de pouces entre le pneu et le ravin ? Zéro, je dirais. Fallait surtout pas penser qu’une simple roche aurait pu déstabiliser un tant soit peu le véhicule et c’était addio !

Le sentier à flanc de rocher… qui fait tout juste la largeur de la jeep

 

Notre chauffeur ne semblait pourtant pas s’en faire. Il grimpe ici avec des touristes chaque jour de la belle saison, alors non di problema. On lui fait confiance. De toute façon, une fois ici on n’a plus le choix. On s’est rendus au Supramonte, c’est-à-dire au-dessus de la montagne, entre rochers et nuages, pour une pause panoramique et des explications sur la géographie, la faune et la flore des montagnes sardes.

Notre jeep. Moment de repos au sommet de la montagne

Après, il a fallu redescendre, en priant pour que notre chauffeur – avec qui nous ne pouvions partager nos craintes car il ne parlait que l’italien – demeure vigilant et en pleine maîtrise des mouvements de la jeep. Et il le fût. Grazie !

Pour nous remettre de nos émotions, nous sommes arrêtés au Sorgenti Di Su Gologone, une source par où les grottes qui se ramifient dans les profondeurs du Supramonte accèdent à la lumière du jour. Elle a l’aspect d’une grande brèche encadrée de rochers. Son débit : 500 litres par seconde d’une eau émeraude. De toute beauté.

Début de l’après-midi, c’est la fiesta. Dans une ancienne bergerie nous attend un gargantuesque repas sarde que nous prenons en plein air, assis en rond sur un muret près de la cabane du berger. Typiquement exotique. Porc et saucisses rôtissaient en plein air à notre arrivée. Dans nos assiettes de liège se succèdent les saveurs régionales : des charcuteries, du fromage, des tomates avec de l’huile, des olives, du pane carasau, un pain croustillant qui se conserve longtemps, caractéristique pratique pour les bergers qui passaient de longs mois hors de chez eux, puis les viandes que les quatre chauffeurs aussi traiteurs ont retiré du foyer et tranché pour nous. Le tout généreusement arrosé de cannonau, un vin local corsé à la saveur intense. Délicieuse découverte au dessert : une lampée de miel dans une feuille de salade romaine. Surprenant et suave.

Délicieuse entrée servie sur planche de liège

Notre repas typiquement sarde, en train de cuire

Décidément polyvalents, les bergers/chauffeurs/traiteurs entonnent après le repas des ballades sardes qu’ils accompagnent à l’accordéon puis des pièces plus rythmées pour faire danser le groupe.

Le trajet du retour a été plus calme que celui du matin, nous avons quitté la montagne en traversant une magnifique allée de cyprès. Dans mon classement des beaux souvenirs de voyage, cette journée particulière mérite 9/10.

Pour lire d’autres articles sur l’Italie :

Les remparts d’Alghero      http://boomersenvoyage.net/2017/05/01/les-remparts-dalghero/

Bella Italia     http://boomersenvoyage.net/2017/04/24/bella-italia/

Une visite à Florence     http://boomersenvoyage.net/2017/04/19/une-visite-a-florence/

Dix merveilles à découvrir en Sicile     http://boomersenvoyage.net/2017/04/17/dix-merveilles-a-decouvrir-en-sicile/

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