Quand une ville se relève après avoir été détruite par les bombardements. Pardonner sans oublier.

Par une matinée de juin, nous nous baladons sur une rue commerçante de Vukovar en Croatie, aujourd’hui bordée de jolies terrasses. Le cœur serré par les atrocités que nous venons de voir sur film dans le sous-sol de l’hôpital. Dans cette même rue, il y a 26 ans, des gens ont marché en pleurant  pour tenter de fuir la mort alors que certains jours 1200 obus et roquettes ont été tirés sur la ville. Vingt-six ans, c’est court, c’était hier. De la guerre des Balkans, je ne connaissais que bien peu de choses avant que le hasard d’une excursion achetée chez un croisiériste ne m’amène à Vukovar. Il y a bien eu ce livre publié en 1993,  Le journal de Zlata qui nous a émus. Mais c’était peu, bien peu.

Le château d’eau

Le château d’eau de Vukovar dont la reconstruction commence cette année en 2017

Le Château d’eau est le symbole de la résistance de Vukovar. Il a été heurté par 600 missiles mais le drapeau croate y a flotté durant tout le siège.

La guerre de l’ex-Yougoslavie

Qu’est-ce qui s’est passé en Yougoslavie durant les années 90 ? Après notre visite à Vukovar, j’ai cherché. La Yougoslavie s’est formée après la deuxième guerre mondiale à la suite de la victoire du Maréchal Tito qui a mis en place un régime communiste indépendant de celui de Moscou. Tito unifie l’ancien royaume de Yougoslavie dans une fédération de six états démocrates que sont la Slovénie, la Croatie, le Montenegro, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine et la Serbie.

Pour résumer, disons que la plupart de ces pays étaient formés d’une population issue de différents états, des Serbes vivaient en Croatie et vice-versa, par exemple. Quand le Maréchal Tito décède en 1980, la Yougoslavie est endetté et connaît aussi des tensions raciales ainsi que des tensions causées par l’inégalité économique entre les états. Il y a l’éclatement du régime communiste et la montée du nationalisme. En 1990, la Slovénie vote la sécession de la Yougoslavie qui se désintègre alors que les tensions entre communautés continuent d’augmenter. La Slovénie obtiendra son indépendance après une guerre de dix jours.

La Croatie vote aussi son indépendance en 1991. Mais le problème croate est bien plus difficile à résoudre, du fait du poids plus important de la Croatie au sein de la Yougoslavie et de la présence de minorités ethniques en son sein. Slobodan Milošević, en particulier, s’oppose à l’indépendance de ce pays où vivent des centaines de milliers de Serbes. S’en suit un conflit armé, Dubrovnik est bombardé et Vukovar assiégé.

À Vukovar

La bataille de Vukovar a été la plus féroce et la plus longue en Europe depuis 1945. Elle a duré 87 jours. Vukovar a été défendue par 1800 soldats de la Garde nationale croate contre 36000 soldats de l’Armée populaire yougoslave.

Des personnes blessées et malades ont vécu cachées dans la cave de l’hôpital durant trois mois, les derniers temps sans eau, ni électricité, ni médicaments. Lors de la chute de Vukovar, le 18 novembre 1991, 20 000 habitants sont expulsés. Deux cents hommes ont été emmenés pour être exécutés dans un champ près d’Ovcara.

Une plaque commémorative en hommage aux victimes

Une salle dans le sous-sol de l’hôpital où se sont entassés malades et blessés pendant 3 mois

Une trace des bombardements toujours visible à l’hôpital

Les obus ont laissé leur trace sur les maisons de Vukovar

Pour se souvenir

La bataille de Vukovar a laissé la ville en ruine. Elle a été considéré comme un crime de guerre.

Le monument à Jean-Michel Nicollier, un Français qui s’est engagé volontairement auprès des Croates. Disparu pendant le conflit. Il avait 25 ans.

Mais depuis la paix, Vukovar s’est reconstruite. Elle est maintenant une escale pour des touristes en croisière sur le Danube qui contribuent, à leur façon, à lui redonner vie.

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