Sur les eaux parfois turquoise du Golfe du Mexique, de charmantes petites îles lézardent au soleil. Elles recèlent de jolis coins où se couler la vie douce. Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

Entre Tampa et Fort Myers, il y a quelques 200 kilomètres. La meilleure façon de les parcourir : lentement, en bifurquant souvent, vers la mer, vers Anna Maria, Longboat Key, Siesta Key, Sanibel, ou Captiva. En profitant, surtout, de ces moments de bonheur, savourés dans la paix du golfe.

Journée parfaite à Sanibel Island

La plage de Sanibel Island

Séjourner au bord de la mer, oui. Prendre congé d’exercice, pas question. Surtout quand le décor est particulièrement motivant. En matinée, donc, promenade à vélo sur la piste cyclable qui fait 35 km et serpente l’île jusque dans ses moindres recoins. Puis, lunch sur une terrasse colorée de Periwinkle Way, la rue principale, suivi de quelques heures à la plage. Après avoir roupillé, lu, et fait trempette, longue marche pour enrichir sa collection de coquillages. Certains jours, la marée en laisse des bancs hauts de plusieurs centimètres. En début de soirée, souper à la chandelle sur notre véranda moustiquaire. Autour de nous le calme, le murmure des vagues, l’air qui rafraîchit doucement.

Quand on a fini de ramasser des coquillages, on prend un verre du bulle en regardant la mer. La vie est douce à Sanibel

Sanibel pratique : Où loger ? En hôtel ou en petit cottage, on trouve la liste au 3w.sanibel-captiva.org. On préfère camper ? Au Periwinkle Park. Sanibel ou Captiva ? Les deux îles sont reliées par un pont; Sanibel est la première où l’on accède après la traversée du Causeway depuis Fort Myers. On y trouve davantage de commerces et de restaurants. Captiva, plus résidentielle et plus éloignée, plaira à qui aime s’isoler. Où trouver des vélos ? Certains hôtels et complexes les prêtent ou les louent à peu de frais. Sinon, Billy’s Rentals et Finnimore’s Cycle Shop, tous deux sur Periwinkle way, en offrent des centaines, de tous les genres.

Traversée de la réserve, Sanibel Island

Sur l’île de Sanibel, le J.N. Ding Darling national wildlife refuge occupe 6400 acres traversées par une voie carrossable de 6 km à sens unique. On peut la visiter en voiture, mais c’est à vélo qu’on profite davantage de la proximité avec les quelques 220 espèces d’oiseaux qui fréquentent la réserve, couverte en grande partie de mangroves. Mais une seule visite n’est pas assez, et on y retourne, parce que d’une journée à l’autre, le spectacle change. Notre meilleur moment : des dizaines d’oiseaux qui virevoltent et se posent, dans un ballet inédit, une représentation unique. Leur blancheur capte la lumière et les découpe sur le fond sombre du sous-bois. Des photographes agenouillés au bord de la route captent la scène, en silence pour ne rien perturber. Une vision enchanteresse.

Scène de la réserve J.N. Ding Darling national wildlife refuge

La réserve est ouverte tous les jours sauf le vendredi, de 7h du matin au coucher du soleil. Le droit d’accès coûte 5$ par voiture et 1$ par bicyclette. On peut y passer une heure ou deux si on s’arrête souvent pour contempler la faune. On côtoie parfois quelques alligators qui se dorent la couenne au soleil.

Pour satisfaire la curiosité des enfants ? Au Tarpon Bay Explorers, on peut observer la nature et la faune en ponton ou en kayak; s’initier à la pêche, faire une croisière au petit déjeuner ou en soirée. Situé au 900 Tarpon Bay Road, à l’extrémité de la réserve.

Les couchers de soleil de Longboat Key

Les couchers de soleil sur le Golfe du Mexique sont spectaculaires. Longboat Key est une île étroite et nombre de condos donnent directement sur la plage. Ils sont en général très bien, mais leur point fort, ce sont les fenêtres qui s’ouvrent sur la mer. C’est toutefois en soirée qu’un aussi fabuleux décor atteint son apogée. Le soleil glisse lentement dans l’océan en embrasant le ciel d’orangés vibrants. D’un soir à l’autre, pour varier, on l’admire depuis un transat sur le terrain; en soupant sur notre terrasse; ou confortablement installés dans un fauteuil du salon, en écoutant Louis Armstrong chanter What a wonderful world

Souper avec les lamantins à Longboat Key

Nous fréquentons Pattigeorge’s pour son filet mignon de thon accompagné de pomme de terre au wasabi. Par une soirée particulièrement douce, nous avons pu profiter d’une table joliment dressée sur un quai derrière le restaurant. Des lampions posés ça et là créaient une ambiance romantique à souhait. Le clou de cette soirée : la présence des lamantins, là tout près, que l’on voyait nager et émerger. Inoubliable !

Une table sur la plage, Bradenton Beach

Au menu du Beachhouse Restaurant de Bradenton Beach sur l’île d’Anna Maria, on trouve, bien entendu, du poulet, du bœuf, de généreuses salades, et des produits de la mer : thon, crevettes, calmars et compagnie, mais dans le contexte, ils servent plutôt de plats d’accompagnement à la pièce de résistance qu’est l’emplacement de la terrasse, directement sur la plage. Plus de 600 pieds d’ouverture sur la mer, c’est assez rare et ça donne un fonds visuel spectaculaire. Des musiciens locaux ajoutent leur note à l’ambiance.

Du shopping chic au magasinage d’aubaines

St.Armand Circle, c’est le rond point le plus sympathique que j’aie vu à ce jour. Les rues qui s’y branchent sont remplies de boutiques : vêtements, chaussures, bijoux, beaux objets; et au centre de l’étoile : des terrasses au cœur d’un aménagement chic et élégant. Deux heures de magasinage suivies d’un agréable dîner, c’est le combo du bonheur !

Où ? St.Armand est un petit îlot situé entre Sarasota et Longboat Key.

Si le taux de change est avantageux, (ce qui n’est pas toujours le cas) il faut en profiter pour visiter les outlets. Celles de Ellenton à 25 km de Sarasota sont particulièrement agréables avec 130 grands magasins, des promenades joliment architecturées en arcade, un espace ceinturé d’un étang et agrémenté d’une fontaine et de palmiers. La preuve qu’un centre commercial peut être harmonieusement aménagé. Mais le plus beau, pour une magasineuse aguerrie, c’est la présence des Ann Taylor, Banana Republic, BCBG, Calvin Klein, Chico’s, DKNY, J.Crew, Jones New York, Lacoste, Sketchers et autres, tous côte à côte.

Menu raffiné, décor magistral, Sarasota

Ophelia’s on the bay, quelle belle découverte ! Jardins tropicaux à l’arrière, fontaine, végétation, tables dressées avec élégance et vue tranquille sur la magnifique baie de Sarasota. Bisque de homard, moules, escargots, osso bucco d’agneau ou filet mignon… la facture est peut-être salée, mais le plaisir vaut bien la dépense !

Salvador Dali, Saint Petersburg

Une incursion dans l’univers surréaliste de Salvador Dali en Floride : quelle expérience exquise ! Le peintre espagnol a d’ailleurs vécu aux États-Unis pendant huit ans à l’époque de la seconde guerre mondiale. À Saint Petersburg, le musée qui lui est dédié abrite 96 toiles à l’huile peintes entre 1917 et 1970, ainsi qu’un nombre impressionnant de gouaches, dessins, sculptures et autres pièces.

Un coin de la Grèce, Tarpon Spring

Marcher dans les rues de Tarpon Spring et se croire en Grèce. Située à 50 km de Tampa, cette petite ville recrée, par la musique, les restaurants, l’architecture et le décor, l’ambiance méditerranéenne. La communauté hellénique qui y vit se spécialise dans la pêche des éponges, abondantes dans la région. Musée, croisière, plongeurs en action et nombreux magasins permettent de mieux connaître les éponges et leurs multiples utilisations. On passe à Tarpon Spring une demi-journée agréable qu’on couronne d’un repas typiquement grec.

L’extravagance, St-Pete’s Beach

Pimenter son séjour d’un zeste d’extravagance et séjourner, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, au Don CeSar Resort, emblématique château rose vif qui se découpe avec élégance sur fonds de ciel, souvent bleu dans cette région. Pour goûter au luxe, au spa sur la plage, à l’environnement agréable des deux grandes piscines, au tartare de thon ou au crabe d’Alaska. Au meilleur du monde quoi ! Le portefeuille panique ? Bof… on peut calmer ses angoisses en raccourcissant la durée du séjour, l’idée c’est de s’offrir du bon temps sans déclarer faillite au retour. N’empêche, on peut trouver une chambre pour 250$ la nuit, s’y ajoutera facilement une facture de plus ou moins 200$ pour le souper si on s’offre un repas élaboré et une bouteille de vin. Peut-être une façon de souligner un anniversaire spécial.

Deux super plages

Celle de Siesta Key avec son sable blanc à la texture farineuse. Une chaude caresse pour les pieds qui afflue doucement jusqu’au cœur.

Celle de Longboat Key fait 17 km. Elle attire les pêcheurs que l’on voit ça et là lancer leurs lignes depuis le rivage; ainsi que plusieurs variétés d’oiseaux qui se nourrissent de poissons comme les hérons, les aigrettes, et les pélicans qui font facilement amis avec les humains.

LongBoat Key est un sanctuaire d’oiseaux. Ils sont toujours présents sur la plage

Infos pratiques

S’y rendre. Montréal/Tampa en automobile, c’est quelques 2 400 km. Il est possible de faire le trajet en 3 jours.

En avion, Air Canada offre quelques vols directs vers Tampa et plusieurs vols avec correspondance à Toronto. Les principaux transporteurs américains offrent aussi des vols avec correspondance. Une fois là-bas, la location d’une voiture sera nécessaire pour se déplacer.

Quand ? S’il fait assez beau la plupart du temps sur le Golfe du Mexique, la période de mars à mai est particulièrement agréable. Les refroidissements hivernaux sont passés et la période des chaleurs humides et des orages tropicaux n’est pas encore commencé.

On planifie y passer deux semaines ? On peut alors répartir son temps et séjourner à St.Pete’s Beach (il y a bien d’autres hôtels plus abordables que le Don CeSar); à Longboat Key et à Sanibel, et de chaque endroit, rayonner vers les points qui nous intéressent.

Visiter : Les quartiers d’hiver de Thomas Edison à Fort Myers. Le Ringling Museum of Art à Sarasota. La Mote Marine Aquarium à Longboat Key.

Des manèges pour les enfants ? Busch Garden à Tampa; Disneyworld et les parcs thématiques d’Orlando, à une heure et demie de route de St.Pete’s Beach.

Une version de cet article a été publiée dans le magazine Châtelaine de février 2012.

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