Bordeaux, Saint-Émilion, Languedoc-Roussillon, la toponymie de la France évoque les saveurs viticoles. Bons vivants nos cousins !

Encore une fois, on a bouffé des kilomètres comme des boulimiques. La France, nous voulions la connaître dans ses moindres recoins et départements. Entendre les différents accents régionaux et goûter les spécialités locales. Si chaque endroit a son charme et ses saveurs qui valent le détour, voici un palmarès de nos coups de cœur. Nos critères ? Le plaisir… de voir, de savourer, de découvrir.

Nice : 10♥

Nous réveiller sur la Côte d’Azur avait déjà bien commencé la journée. Nous sommes partis explorer à pied. Direction Cours Saleya, où le marché s’anime en matinée autour des étals d’herbes, de fruits, de légumes et de fleurs. Dégustation de spécialités régionales : la socca (crêpe de pois chiche) et les petits farcis. 

 Énergisés, nous avons monté les marches de la tour Bellanda pour profiter du panorama spectaculaire de la colline du château : la Baie des Anges vue de là haut et la couleur azurée de la Méditerranée. Sur le promontoire, un accordéoniste ajoutait ses notes d’ambiance, un beau moment authentiquement français. 

 Puis nous avons arpenté la Promenade des anglais, bordée, côté plage, de petits restaus qui offrent aussi des transats en location pour qui veut lézarder au soleil. Pour varier les plaisirs, nous avons pris l’apéro chez l’un et le lunch chez son voisin, au coup de canon qui, tous les jours à Nice, annonce midi. Notre menu : salade niçoise, cela va de soi, et pâtes au Pistou. 

 Pour terminer la journée en beauté, nous avons choisi une excursion sur les corniches, où la vue sur le Cap Ferrat et sur Villefranche-sur-mer est époustouflante. Tout près de Nice, on peut aussi piquer une pointe vers Monaco pour y flâner quelques heures et admirer les rutilantes bagnoles des riches et fameux garées devant le casino. Oui, ma chère, j’étais dernièrement sur la Riviera… On peut également aller à Saint-Paul-de-Vence, charmant village perché sur un éperon rocheux qui a attiré nombre d’artistes dont Montand, Signoret et Chagall.

 Loger à Nice: Hôtel le Scribe, 20 ave Georges Clémenceau; typiquement vieille France, confortable et situé à une quinzaine de minutes de marche du bord de l’eau. Manger : Le Sporting sur la plage, 25 Promenade des anglais. Cours Saleya, où les nombreuses terrasses se côtoient. Visiter : Le Musée national Marc Chagall, ave du Docteur Ménard et le Musée Matisse, 164 ave des Arènes de Cimiez.

Biarritz : 9♥. 

En pays Basque, à une trentaine de kilomètres de la frontière espagnole, quel plaisir de découvrir Biarritz, une fort jolie ville de bord de mer tout à fait bon chic bon genre. Nous prenons d’abord un café face à la grande plage, située en pleine ville et Mecque du surf, le temps de laisser passer un lourd nuage. 

 Une fois que le vent a repoussé le cumulonimbus, nous partons sur l’esplanade pour une super promenade vers le rocher du Basta et celui de la Vierge, emblème de la ville. À travers sentiers, petits ponts et tunnels percés dans le roc, notre ballade s’avère une suite de tableaux marins agréables, qui nous amène vers une terrasse à flanc de rocher, juste à l’heure du dîner. Le bonheur a de ces coïncidences ! Nous émerveillant du formidable panorama, nous partageons une assiette de charcuterie servie sur une planche d’ardoise, ainsi qu’un assortiment de tapas, contenu surprise au choix du chef. Délicieux ! 

 Après cette pause bienfaisante, nous magasinons un brin, en route cette fois vers l’esplanade du phare, pour un autre point de vue sur cette ville où nous nous promettons de revenir.

 Manger à Biarritz : Le restaurant Santa Maria, 6 Esplanade Port-Vieux. Magasiner : Partout dans le quartier Centreville-Port-Vieux, entre autres rues de Mazagran et rue Gambetta.

Saint-Émilion : 8♥. 

Il y a les vignes à perte de vue avec les mas, ça et là au milieu des champs. Comme on voit dans les films. Il y a un peu de lavande au bord de la route. Il y a le village médiéval. Coquet, avec ses ruelles en pierres et en escaliers. Ravissement et exercice cardio combinés ! Et du haut, il y a la vue, imprenable, sur les jolies maisonnettes de calcaire pâle et sur les vignobles tout autour. Il y a les bâtiments historiques et les monuments, qu’on visite au gré de ses intérêts. Il y a la tour du château du roy, d’où l’on donne le ban des vendanges en septembre. Du haut de ses 118 marches : un beau panorama sur la région. Il y a les macarons et les petits cannelés de la pâtisserie située à l’entrée du village. Ce gâteau typique de Bordeaux (qui n’est qu’à une quarantaine de km), tient son nom du moule dans lequel il cuit. Extérieur croustillant, moelleuse pâte parfumée à la vanille et au rhum à l’intérieur, le savoureux cannelé vaut bien les calories. Puis il y a, bien sûr, la bouteille de vin, que l’on choisit avec les précieux conseils d’un expert. Il y a l’allégresse et l’enchantement, quoi !

 Pause gourmande à Saint-Émilion: Les macarons de Nadia Fermigier, 9 rue du Guadet. Connaître les vins de la région : 98 châteaux et caves accueillent les touristes, la liste au saint-emilion-tourisme.com. Au bordeaux-tourisme.com, on trouve aussi des suggestions de trajets et d’excursions.

Honfleur : 7♥. 

Main dans la main et yeux dans l’eau, notre premier regard sur Honfleur nous laisse pantois. Toutes ces mignonnes terrasses aux auvents colorés, en demi-cercle autour du port pittoresque où sont ancrés les bateaux de plaisance, composent un adorable tableau, romantique et bucolique sous une douce lumière flatteuse. Pas étonnant qu’Honfleur ait été peint par nombre d’artistes dont Claude Monet. 

Le charme demeure quand on se ballade dans ses rues aux maisons et boutiques typiquement normandes avec leurs poutres brunes apparentes. D’instinct, on s’y sent un peu chez nous. Peut-être parce que c’est justement du port de Honfleur que Champlain est parti en 1608, pour venir fonder la ville de Québec.

 Baux de Provence: 6

Classés parmi les plus beaux villages de France, les Baux de Provence ont un petit quelque chose de particulier avec leur situation haut perchée et, tout là-haut, justement, se trouve les impressionnants vestiges du Château des Baux dans lesquels on peut agréablement se promener, longuement car c’est vaste, et profiter d’un panorama exceptionnel sur les Alpilles et la Camargue.

 Ensuite, on redescend par la rue commerciale, assez jolie, où l’on fouine dans les boutiques et où l’on s’attarde sur une terrasse.

 Côté pratique, il faut être capable de marcher quelques heures sur un terrain en escaliers et en côtes pour bien apprécier les Baux de Provence. De plus, les stationnements sont à l’extérieur du village.

 Loger près des Baux de Provence: L’Oustaloum à Maussane-les-Alpilles, une charmante auberge située sur la place centrale d’un tout petit village. Les chambres décorées à l’ancienne sont chaleureuses et il y a plusieurs bonnes tables à quelques pas, soit à l’auberge, soit sur la grande place.

 Avignon : 5♥. 

Nous y apprenons que neuf papes ont vécu hors de l’Italie et construit un imposant palais gothique. On s’y arrête d’abord, devant le Palais des papes, pour se recueillir, le photographier et l’admirer. À notre droite, la Place de l’horloge et ses terrasses nous invite pour une agréable pause dîner. Avignon est un trésor d’histoire et de beautés. 

Et puis il y a le pont… d’Avignon comme dit la chanson ? Le pont St-Bénezet de son vrai nom. Il n’en reste que la moitié car, au 17e siècle, il a été emporté plusieurs fois par les crues du Rhône. Il n’en demeure pas moins impressionnant avec ses arches de pierre, lui qui a assuré le développement économique de la région au 14e siècle. C’est du haut de la colline des Doms qu’on a le meilleur point du vue sur le célèbre pont. Redescendant ensuite vers les remparts, on s’attarde dans les petites boutiques. 

On est en Provence ! Alors on rapporte une nappe aux jolis imprimés, des herbes, et une bouteille de Chateauneuf-du-Pape, évidemment. Situé à moins de 20 km d’Avignon, trois des neuf souverains pontifes ont souvent séjourné à Chateauneuf-du-Pape.

Cassis: 4♥

Près de Marseille (32 km par la A 50), se trouve le joli village de Cassis, au bord d’une Méditerranée bleu azur avec une marina bordée de terrasses.

Les calanques de Cassis – ces immenses falaises qui se jettent dans la mer – l’encadrent d’un panorama spectaculaire.   La route des crêtes, qui va de Cassis à La Ciota sur un quinzaine de kilomètres est parmi les plus impressionnantes sur lesquelles nous ayons circulé.  Bien sûr, en plusieurs endroits on peut s’arrêter pour faire d’époustouflantes photos des rochers et de Cassis vu d’en-haut.

 Lyon : 3♥. 

On a tous entendu parler de Lyon. Mais la voir ! Une belle ville au confluent du Rhône et de la Saône. Nos bonheurs lyonnais : la Colline de Fourvière, sa basilique et son théâtre antique construit à la fin du 1er siècle avant Jésus-Christ. La fresque des natifs célèbres, grandeur nature, peints sur des murs d’édifices dans le 1er arrondissement : Paul Bocuse, St-Exupéry et les frères Lumières, sur leur balcon, nous regardent passer. Les traboules, ces passages à l’intérieur des immeubles qui révèlent une si belle architecture. 

 Puis la gastronomie dont Lyon est la capitale. Plats typiques : la salade de lardons, croûtons et œufs; la cervelle de canut, un mélange de fromage et d’herbes fraîches; les quenelles de brochet ou de volaille.

 Des adresses lyonnaises: La plus longue traboule du vieux Lyon commence au 54 rue St-Jean et aboutit au 27 rue du Bœuf; elle traverse 4 cours et 4 bâtiments. Manger : La rue Mercière aligne les terrasses. Le Bistrot de Lyon, au 64, sert une cuisine aux saveurs locales pas trop chère. À savoir : les restaurants typiques de Lyon s’appellent des bouchons.

 Carcassonne : 2♥.

 

En Europe, les cités médiévales fortifiées sont nombreuses. Carcassonne est celle qui nous a le plus impressionnés. Imposante avec ses remparts doubles, l’épaisseur de ses murailles, ses portes et ses arches, ses tours et donjons, toujours en état depuis des siècles. 

 À Carcassonne, il faut flâner dans les rues pour s’imprégner de cette ambiance particulière; il faut s’asseoir dans un petit café pour savourer une pâtisserie et écouter l’accent chantant du sud; il faut goûter au cassoulet, plat originaire de la région; et pour s’amuser, il faut se faire raconter la légende de Dame Carcas.

 Mont-Saint-Michel : 1♥. 

Nous voulions le voir depuis longtemps et nous sommes effectivement restés bouche bée pour un moment quand nous avons aperçu, de loin, l’abbaye dominer la baie. Le Mont-Saint-Michel est une merveille qui semble inaccessible, entouré d’eau, de sables mouvants et de marées dangereuses. Il est pourtant très accessible par une jetée insubmersible qui le relie à la terre ferme. Si accessible en fait, que des milliers de personnes l’envahissent quotidiennement. Et sa rue principale, étroite, devient infréquentable presque, tant elle oblige au coudre à coude continuel avec tous les autres visiteurs qui ont choisi de s’y rendre la même journée que nous. Pour cela, le Mont-Saint-Michel a perdu quelques points dans notre palmarès. Il n’en demeure pas moins qu’il faut y passer quelques heures. Pour monter jusqu’en haut; pour manger une crêpe sur les remparts (le Mont-Saint-Michel est situé entre Bretagne et Normandie et pour apprécier un phénomène d’architecture unique. 

 Quelques pas au Mont-Saint-Michel et on constate que la Mère Poulard est une figure marquante de l’endroit. Deux plaisirs incontournables : goûter son omelette de renommée mondiale et rapporter quelques boîtes de ses mémorables biscuits sablés.

 À savoir : il faut prendre son temps pour monter car les marches sont nombreuses; l’essoufflement guette les sportifs du dimanche et même ceux qui sont en forme

 

 

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